collaborateur artistique Laurent Caillon •
assistante à la mise en scène Dyssia Loubatière •
scénographie
Jean Haas et Didier Bezace •
lumières Dominique Fortin •
costumes Cidalia Da Costa
maquillages, perruques et coiffures
Cécile Kretschmar •
musique Laurent Caillon •
stagiaire à la mise en scène
Vincent Franchi •
peinture Mik-Art •
stagiaire à la mise en scène et voix enregistrée Vincent Franchi
équipe technique
du Théâtre
Dossier de presse
production Théâtre de la Commune – Centre dramatique national d'Aubervilliers
Le spectacle est créé le 5 juin 2008 au Théâtre de la Commune.
Le texte est publié aux Éditions Gallimard, collection Folio Théâtre, 2000.
| Saison 2007/2008 Raison, déraison |
| Elle est là |
création -
de Nathalie Sarraute
mise en scène Didier Bezace
avec Pierre Arditi,
Didier Bezace,
Evelyne Bouix
L’épilogue du spectacle est extrait d’une conversation
entre Nathalie Sarraute et Jacques Doilllon filmée en 1995.
H. 2 : Vous savez, je ne sais pas ce qui m'arrive… c'est étrange… (L'air surpris :) J'accepte. Oui. (Ton furieux :) J'accepte. (Ton accablé :) J'accepte. (Ton calmé) J'accepte. (Ton ferme, décidé :) J'accepte. Qu'elle garde en elle son idée. Qu'elle la couve. Qu'elle la soigne. Qu'elle l'engraisse… ça m'est égal…
H. 3 : Ce n'est pas possible ?... Ne me dites pas que vous êtes devenu un de ces indifférents… un de ces tièdes pour qui les idées…
H. 2 : Mais voyons ! comment pouvez-vous penser ça… Non, pas du tout.
Nathalie Sarraute, Elle est là – extrait
Repère
L'univers de Nathalie Sarraute, écrivain français d'origine russe (1900-1999), se construit en rupture, dans une dynamique de déconstruction des formes traditionnelles du roman et du théâtre, et par là même d'invention du Nouveau Roman et de ce qu'elle nomme « le théâtre de langage ». Son œuvre – traduite dans plus de 30 langues, publiée de son vivant, fait rare, à la Pléiade – est considérée comme l'une des plus essentielles de la littérature du XXe siècle. Ses premiers textes, écrits entre 1932 et 1939, Tropismes, marquent le début de son patient travail d'exploration du langage. Elle cherche dans les conversations banales, au-delà de tous les déguisements, lieux communs, gentillesses ou politesses, à démasquer ce qui est à l'origine de nos faits et gestes, et dans les non-dits ce qu'ils induisent ; elle traque notre «substance vivante». Le langage devient et reste le protagoniste et l'acteur de prédilection de ses romans et de son théâtre. Autour du langage, petit à petit, tout se déconstruit, l'action se désintègre, les personnages disparaissent remplacés par de simples pronoms – Lui, Elle – ou de simples initiales, dans leurs tâtonnements intérieurs, leurs élans, leurs reculs. À l'occasion de la publication de ses deux premières pièces écrites au début des années 60, Le Silence et Le Mensonge, elle défend là encore, dans Le Monde, un langage capable «à lui seul de produire l'action. Je pense que c'est une action dramatique véritable, avec des péripéties, du suspens…». La parole est porteuse de (micros) drames ; il suffit d'un silence, d'un changement de ton pour que tout s'emballe… Par là, se manifeste la force d'une écriture théâtrale qui tire d'elle-même, c'est-à-dire du dialogue et de ses ratés, les moments d'une action dramatique.