| Ici, tout participe à l'odyssée de cette femme extraordinaire admirablement interprétée par Geneviève Mnich. Le Figaro. Ce que l'on retient surtout de cette histoire, c'est la compassion infinie du metteur en scène pour son personnage principal, interprété magnifiquement par Geneviève Mnich. Le Monde. Geneviève Mnich, lumineuse. Les Échos. Geneviève Mnich ... (a) quelque chose en elle de Giulietta Massina dans Ginger et Fred : un côté inentamé et inentamable, un rien lunaire... Un spectacle singulièrement prenant, dont les images continuent longtemps d'effleurer la mémoire. Libération. Un spectacle captivant et comiquement noir... Bravo! ... et l'on grave en soi les fabuleux interprètes. France Musique. Très bien adapté, le texte passe brillamment les feux de la rampe et offre une belle partition aux comédiens. Geneviève Mnich compose une May débordante d'humanité et de désirs longtemps étouffés. Un superbe portrait. Jasmin. Un travail magnifique de Didier Bezace. Le Masque et la Plume. |
| avec
Antoine Basler • Maya Borker • Jean Haas* • Geneviève Mnich • Lisa Schuster • Vincent Winterhalter (*Jean Haas comédien et Jean Haas scénographe sont deux homonymes.) et dans les rôles des enfants en alternance Laura Rosero-Melo et Antonin Pinguet, Valentine Cornier-Vinci et Valentin Bonetti, Océanne Bondeaux et Thomas Guillotte, Axelle Perrault de Jotemps et Obeid Mousa |
| collaboration artistique
Laurent Caillon assistante à la mise en scène Dyssia Loubatière scénographie Didier Bezace et Jean Haas* musique Laurent Caillon et Teddy Lasry composition et interprétation création sonore François Weber lumières Dominique Fortin avec la collaboration de David Pasquier costumes Cidalia Da Costa maquillages, perruques et coiffures Cécile Kretschmar chorégraphie Cécile Bon construction décor Atelier François Devineau |
| Dossier pédagogique | |||
Saison 2006/07 |
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C'est un des drames de l'humain que de s'apercevoir que la mère n'est pas que mère mais qu'elle est femme. Michèle Abbaye May vient de perdre son mari, elle flotte entre le refus de vieillir comme une veuve ordinaire et l’absence de projet dans sa vie. Jusqu’au jour où, presque par hasard, un baiser la réveille et l’entraîne dans une expérience de jeune fille, retrouvant une part d’elle-même enfouie dans son coeur et dans son corps. |
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![]() © Pierre Grosbois |
Repères
Pour Hanif Kureishi, né en 1954 au Royaume-Uni, de père pakistanais et de mère anglaise, écrire
est une question de survie dans le Londres des années 70. Il y est confronté au racisme, à la violence
des skinheads et à la xénophobie compassée des classes moyennes. Il connaît l'arbitraire des signes.
Très tôt, il s'est forgé une place originale dans la littérature postcoloniale, et revendique une identité
hybride, pakistanaise et anglaise, pour exercer sa critique, douce et amère, de cette Angleterre
aux travers conservateurs qui est son pays. En fil conducteur de son oeuvre, on retrouve le dilemme
entre soif de liberté et désir d'appartenance, que ce soit à une culture, à une nationalité ou à la
famille. Sur le mode du réalisme poétique, il puise son inspiration dans la vie des gens ; c'est là que
se tient la politique pour cet écrivain du quotidien. Depuis la cellule familiale, on ressent les préoccupations
qui lui sont chères : la banlieue, la débrouille, la crise de la paternité, l'érotisme, l'apprentissage,
la créativité et les récompenses de l'art.
Son premier roman, Le Bouddha de banlieue, est devenu un classique, au programme dans les
lycées anglais. Son premier scénario, My Beautiful Laundrette, réalisé par Stephen Frears, a reçu
l'Oscar du meilleur scénario. Intimité, où Kureishi met à nu le couple, est adapté au cinéma par
Patrice Chéreau. Le film reçoit l’Ours d’Or à Berlin et le Prix Louis Deluc.
Se succèdent, dans l'écriture de Kureishi, des histoires d'amour dont la franchise et l’anticonformisme
prêtent à une saine controverse. Il dit lui-même « s'intéresser toujours à la manière dont la
sexualité rompt nos certitudes pour nous offrir une ouverture ». Il récidive avec le scénario de The
Mother, portrait d'une vieille dame qui semble, envers et contre tous, se mettre à l'écoute de ses
passions pour la première fois. La renaissance de cette appétence sexuelle est d’autant plus originale
qu’elle survient chez un être qu’on imagine perdu pour la cause. L’auteur se sert de cette
recherche du plaisir pour également suggérer la déshumanisation d’un monde occidental désireux
d’enterrer ses vieux avant l’heure. The Mother offre un tableau saisissant d’une société où le matérialismeérigé en valeur va de pair avec un conservatisme sexuel étouffant, pour les personnes
déterminées à vivre librement leur désir.
production Théâtre de la Commune – Centre dramatique national d’Aubervilliers